Lumineux-Champollion
  Lumineux-Champollion

 

 

 

 

          «  Un prophète n’est méprisé que dans son pays. » 

            Saint Marc 6, 1-6             



                         



 

 

        GRENOBLE

OCTOBRE 1809 -DÉCEMBRE 1812.

 

 

        « La vie est la vie, c’est à dire un combat, pour un homme comme pour une nation. »                  

                                                   Charles de Gaulle

                                                                                                                                      

Grenoble, enfin !!! Mes chères montagnes, mes chers amis !!!

Augustin Thévenet est présent ce jour, 15 octobre 1809, lorsque la diligence arrive place des Grenettes, pour accueillir son ami de toujours Jean-François Champollion.

Direction la rue Pérollerie où résident les Berriat, sa belle-famille. C’est dans cet appartement qu’il logera un temps car son frère restera à Paris encore quelques mois.

Ce n’est que dans le courant du mois de janvier 1810 que notre futur déchiffreur apprend officiellement qu’il est nommé professeur d’histoire suppléant, dans la toute récente université grenobloise, créée par décret impérial le 17 mars 1808. Jacques-Joseph y est nommé professeur de Grec ainsi que secrétaire d’université.

 

                              -1810-

      

Jean-François partage son temps entre la bibliothèque municipale gérée par son frère, où s’y trouve un certain nombre de travaux de la Commission d’Égypte (car le préfet Fourier prépare son introduction pour La Description), l’Académie Dauphinoise où il lira son mémoire sur la religion des égyptiens, et Vif, la maison familiale là, il y retrouve sa belle-sœur Zoé et son neveu Ali.

 

26 mai, la faculté est enfin inaugurée par son doyen Dubois-Fontanelle.

Le 30 mai 1810, dans sa leçon inaugural, l’on peut dire que notre jeune professeur suppléant en histoire n’y est pas allé par quatre chemins. Avec lui, s’ouvre une nouvelle ère…

Terminée l’Histoire de complaisance, fausse, dirigée, malmenée, vampirisée…

Aujourd’hui, jour J de l’an 1 de la véritable Histoire établie sur des faits et rien que des faits ! Je le jure !

Écoutons-le… 

         

 

 

-« C’était ainsi que le despotisme repoussait les lumières et qu’il favorisait l’ignorance pour établir plus sûrement une puissance usurpée… »

                                                                                                                                     J.F. Champollion

 

 

-« Oui, les historiens doivent privilégier la recherche de la vérité et s’affranchir de toute complaisance à l’égard du pouvoir… »

                                                                                                                 J.F. Champollion

 

 

                                                                    

 « Les armées de l’Empire sont en Espagne et elles ont besoin de toi, Champollion. »

                                                 Signé Napoléon

 

 

Alerte !

Entre juillet et septembre 1810, notre héros a senti siffler les boulets au ras de sa tête...

Heureusement il put compter sur l’appui de ceux qui avaient foi dans son destin si particulier de futur déchiffreur… Ouf…

Figurer sur un tableau de Goya, très peu pour moi…

Plutôt des hiéroglyphes et du copte que combattre chez Don Quichotte …

Mon destin n’est pas la guerre mais la grammaire…

 

                        -1811-

 

Pendant ce temps de Paris, Sylvestre de Sacy, pour qui « séghir » avait un grand respect, décocha subitement une flèche en direction de Grenoble :

-« Je ne pense pas qu’il (Jean-François Champollion) doive s’attacher au déchiffrement de l’inscription de Rosette. Le succès dans ces sortes de recherches est plutôt l’effet d’une heureuse combinaison de circonstance que celui d’un travail opiniâtre qui met quelques fois le cas de prendre des illusions pour des réalités. »

Réponse de Champollion « le jeune » :

-« Tout cela est fort sage cependant, audaces fortuna juvat

 

La très grande classe ! (Pardon mais je suis fan !)

 

Le 7 août, lecture à la Société des Sciences par Jean-François d’un nouveau mémoire : « Écritures anciennes des Égyptiens. »

Malgré quelques « égarements », il fixa parfaitement un point crucial dans la quête du déchiffrement : les hiéroglyphes sont d’abord idéographiques, puis phonétiques.

« L’Égypte sous les Pharaons » allait bon train, 5 chapitres déjà mais l’impression tardait faute de caractères coptes.

 

En septembre 1811, seconde alerte venant de Paris…

Étienne Quatremère de Quincy publiait « Mémoires géographiques et historiques sur l’Égypte et sur quelques contrées voisines.»

Deux Empires, deux guerres…                                                                 

L’Empire napoléonien et ses combats ibériques d’un côté et l’Empire Champollio-Égyptien et ses combats hiéroglyphiques de l’autre.

Si ce ne sont pas les mêmes boulets, fort heureusement, les coups de mitrailles n’ont rien à s’envier. Et dans ces moments là que fait-on ? On compte ses amis, pardi…

 

Jean-François Champollion lui, profitait du passage dans le Dauphiné de son ami le conservateur du Cabinet des médailles Aubin Millin de Grandmaison pour effectuer ensemble une promenade loin des polémiques, à la Grande Chartreuse.

 

Fin 1811, presque chacun y allait de sa publication quant à Rosette ou à l’Égypte.

 

                            -1812-

 



Février, mort de Dubois-Fontanelle. « Figeac » est nommé Doyen de la faculté et Jean-François titulaire de la chaire d’histoire.

En mars, J.F. lit à l’Académie Delphinale un fascicule sur Memphis. Un second sur Thèbes sort des imprimeries. En juillet lecture d’une explication d’une pierre gravée (enfance de l’amour). En août, il remet un tableau du commerce des Phéniciens en Asie, Europe, Afrique.

En cette année 1812, rencontre de Rosine Blanc, future Madame J.F. Champollion.

Septembre, Moscou brûle… L’aura des Champollion commence à se consumer…

Cabales, trahisons, oppositions, destitutions, bref, en cette funeste fin d’année, rien de bon, sauf peut-être une expérience inédite de la part de notre héros…

 

En effet, le 12 novembre 1812, Jean-François « autopsia » un vase canope.

Et c’est en professionnel aguerri qu’il décrivit et le contenu et le contenant.

Il rendit Urbi Et Orbi la destination de cet objet, véritable symbole funéraire aux temps pharaoniques, mais dont certains esprits égarés nous avaient fait passer ces « vessies » pour leurs « lanternes »… Merci Maître.

  

 

 

« Je veux faire de cette antique nation une étude approfondie et continuelle. »

                                                                                                                   J.F. Champollion

   

 

 



« Ce qu’on sait, savoir qu’on le sait ; ce qu’on ne sait pas, savoir qu’on ne sait pas. Voilà le vrai savoir. »

                                                        Confucius

 

« Ce que nous appelons connaître est un processus de remémoration. »

                                                           Platon

  

MISSION CHAMPOLLION

 



Par Patrick Kararsi

  

   

Statue de Bartholdi – Collège de France .   « Je veux consacrer ma vie à l’antique Egypte. » JF Champollion. Statue de Bartholdi – Collège de France . « Je veux consacrer ma vie à l’antique Egypte. » JF Champollion .
JFC par Mauzaisse 1830 (Copie, don de Mr Hervé Champollion) JFC par Mauzaisse 1830 (Copie, don de Mr Hervé Champollion)
JFC par Rougé JFC par Rougé
JFC par Étex JFC par Étex
JFC à l'IFAO au Caire JFC à l'IFAO au Caire
JFC JFC
JFC par Mme de Rumilly 1823 JFC par Mme de Rumilly 1823
JFC par Angelelli 1836 JFC par Angelelli 1836
Hermine Hartleben 1ère biographe de JFC 1906 (Don de Mr Martin Hartleben) Hermine Hartleben 1ère biographe de JFC 1906 (Don de Mr Martin Hartleben)
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